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Témoignage n°2 : Angelina & Malone

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L’accouchement, cette grande rencontre, celle qui chamboule la vie…

La grossesse, ce moment d’amour, d’insouciance, d’émotions, de découvertes, de changements, puis de rencontres, de LA rencontre…

Comme vous le savez, j’ai eu dans ma vie, deux grossesses. La première que j’ai du interrompre pour raison médicale, la deuxième pour mon bébé Miracle, notre Victor.

Lors de la première grossesse et de l’annonce fracassante qu’elle a provoqué j’ai remarqué rapidement que nous n’étions informé(e)s de rien et parfois traité(e)s de la manière la plus dédaigneuse possible.

Je serai marquée à vie, de la manière dont mon gynécologue m’a annoncé, brutalement, que j’allais devoir « avorter ».

Ces mots restent encore ancrés dans mon esprit « il y a un gros problème, vous allez devoir avorter ». Et face à mon silence, mes pleurs et mon agitation, réagir en me disant « arrêtez de pleurer je ne vois rien à l’échographie ! Et vous savez à votre stade beaucoup de femmes avortent ! »

Puis j’ai appris la grossesse de Victor, je me suis orientée vers une autre gynécologue, la gynécologue de ma vie ❤️

Avec elle, tout était différent, chaque échographie mensuelle, était accompagnée d’un flot d’informations, d’explications afin d’éviter au maximum une inquiétude…

À l’accouchement ce fut la même sensibilité à mon égard.<<
le comprit rapidement que je ne sentais pas les contractions, chose que j'essayais de faire comprendre aux sages-femmes mais sans succès.<<
le m'expliquait tout… M'expliquait qu'il allait falloir que je donne tout car Victor était bloqué dans le bassin, qu'il allait commençait à en souffrir et que tout reposait sur moi dorénavant, même si je l'avais déjà compris face au silence des sages-femmes, yeux rivés sur le monitoring derrière moi…

Elle a su me prouver, que oui, certains professionnels savent être la, présents à l’instant T, communicatifs et rassurants.

Mais alors pourquoi, n’est-ce pas tout le temps le cas ?

Pourquoi de nos jours, j’entends encore des mamans souffrir de leur accouchement et des situations de silence à la naissance (compliquée) de leurs enfants ?

Angelina, 26 ans, maman de Malone a vécu cet enfer, l’enfer du silence, entraînant peur et sentiment d’impuissance le jour de la naissance, tant attendue, de son fils.

Le 28 septembre 2017 après plus de 24h de souffrance, Malone est né.

Malheureusement pour ce petit bout et sa maman les premières heures n’ont pas été les plus belles… elles n’ont pas ressemblé à celles des autres ni même à celles que l’on nous montre dans les films… Il n’y aura pas eu de peau à peau, ni d’échanges de premiers regards. Il n’y aura pas eu non plus la possibilité pour cette jeune maman de chuchoter à l’oreille de son bébé comme elle l’aime et à quel point elle l’a attendu…

Malone est né, mais il est né en souffrance, autant qu’est née Angelina dans ses premiers instants de jeune maman.

Malone arrive le visage vers le plafond, pendant mes cours d’accouchement j’avais eu connaissance de cette possibilité, il semblerait que ce ne soit pas le cas pour Angelina.

Lorsque la sage-femme prend connaissance de la situation elle informe la future maman qu’il faudra soit tourner manuellement le bébé soit passer par une césarienne, puis court chercher l’équipe médicale, qui arrive au plus vite.

Angelina raconte « un médecin, un interne, la sage-femme, deux aides-soignantes et deux anesthésistes arrivent avec un échographe. Je n’ai jamais vu un médecin aussi psychorigide, il m’angoisse, fait des calculs savants avec son échographe et me dit « en théorie ca doit passer mais il va falloir pousser très fort » […] on m’installe, le staff en place, masque sur le nez, matériel de torture en place […] je pousse encore, encore et encore. Chaque poussée on me dit qu’il est là ! Puis tout le monde se met à paniquer, j’entends des bruits de ferraille, on me branche de partout, la pièce dans une atmosphère morbide, mon conjoint blanc, j’ai peur… On m’annonce l’utilisation de forceps. Vous avez déjà vu un vêlage qui tourne mal ? Eh bien, je décrirai ce moment comme tel. L’interne prend les outils en main et dit « gauche » « droite » « tire » « plus fort » « attention ici » bref l’enfer se résume à ces mots. Deux mecs entre mes jambes en train de tirer sauvagement sur mon enfant, sentant tous mes organes descendre, mon bassin se désosser et la péridurale arriver en fin de vie.On me pose enfin mon enfant, il est violet, limite noir, mais en même temps sa peau est blanche, très blanche, teintée de méconium et de sang, il est lourd, très lourd, un poids mort…Quelques infimes secondent suivant son arrivée, on me l’enlève, sans un mot, dans un silence et un froid glacial, puis il disparaît… »

Angelina, restera sans informations.

Elle poursuit « je suis en train de me faire recoudre, épisiotomie et déchirure au compteur, à vif ! Une anesthésiste à mon chevet me soufflant à l’oreille que tout va bien.Et tous ces détails qui ont fini par m’achever : ce moment où on m’a vidé comme une vulgaire vache a l’abattoir, urine et sang au sol, où je n’étais plus qu’un ticket numéroté, dépassé, du rayon poissonnerie. Une aide-soignante rentre, blanche, sans dire un mot, nettoie le sol comme celui d’une scène de crime et repart. Puis revient, inquiète, c’est trop pour moi.Je ne sais pas où est mon enfant, mon conjoint paniqué qui assiste le médecin, je lui demande ce qu’il se passe : aucune réponse, silence radio. Vous savez les silences qui en disent trop ou pas assez…Quinze minutes plus tard, c’est mon conjoint qui disparaît. Je pleure, je crie, j’ai mal, je sens les aiguilles traverser ma peau, le fil se tendre, la peau se resserrer et je suis seule, si seule !L’anesthésiste m’injecte deux doses dans le rachi, à qui j’informe qu’elles restent inefficaces. Le médecin rétorque « calmez-vous, tant que je vous entends c’est que tout va bien !« .

26735455_10215501148061966_1544423084_oMon conjoint revient, en larmes, tremblant, accompagné d’une aide soignante, qui me donne enfin des informations une heure après que mon fils ait été emmené « Madame, votre enfant va devoir faire un petit séjour en réanimation, ne vous inquiétez pas, il est fort ce bébé, il a du mal à respirer, a de la fièvre et a avalé du méconium […] » On m’emmène enfin voir mon enfant, il s’appelle Malone, il est né ce 28 septembre 2017 à 18h37, fait 3.700 kgs pour 52 cm. Il est en incubateur, un tube sur le nez, des perfusions plein les mains, des électrodes sur le torse et je n’ai pas le droit de le toucher.Il est resté dix minutes, puis à quitté la pièce.Service réanimation néonatalogie, unité panda, chambre du fond, pendant que moi je serai chambre 355 au service maternité. »

Malgré l’urgence de la situation et l’importance de sauver en premier temps le bébé, je comprends que la sage-femme n’ait pas le temps d’expliquer ce qu’il se passe, mais pourquoi un relais n’est pas fait, par un autre membre de l’équipe médicale ?

Pourquoi laisser de jeunes parents seuls et sans leur faire part de la situation ?

Toutes ces mamans aimeraient tellement de réponses et sont tellement nombreuses à avoir vécu un accouchement traumatisant et moi aussi je me pose réellement la question et aimerai des réponses…

Ce témoignage n’a pas pour but d’effrayer, ni de dénoncer, mais d’apporter un témoignage à celles qui seraient également en souffrance du souvenir de leur accouchement, attester que non ce n’est pas normal et que vous n’êtes pas seules !

Je remercie Angelina, d’avoir accepté de faire partie de cette nouvelle rubrique  » Témoignages face à la maternité  » et j’embrasse fort Malone qui aujourd’hui est en pleine forme.

J’espère que ce deuxième témoignage vous aura plu, n’hésitez pas à me laisser un commentaire ou bien même pour Angelina, si vous avez vécu la même situation et que vous aimeriez en discuter avec elle.

Pooky

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8 commentaires sur “Témoignage n°2 : Angelina & Malone

  1. Comme je comprend cette maman… Ma fille est née en Novembre et à part son arrivée dans ma vie, ça a été le pire jour de ma vie. Un accouchement qui se termine en code rouge (urgence vitale pour bébé) suite aux multiples erreurs médicales de ma gynéco en poste et de l’anesthésiste. Et pour moi d’atroces souffrances. Sans parler de l’après où on fait tout pour étouffer cet événement… Bref malheureusement, les accouchements ne sont pas le plus beaux jours de la vie de toutes les mamans à ma grande tristesse…

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  2. Pour ma part cela s’est très bien passé mais en lisant ca j’ai eu les larmes aux yeux… Vraiment horrible les silences qui inquiète et la souffrance que ce soit physique mais surtout ne pas voir bébé… En tout cas belle continuation a Malone et sa maman de vrais guerriers

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  3. Témoignage très intense, c’est vraiment horrible.. J’ai moi même eu un accouchement très difficile & aucune compassion quelque ce soit pour moi ou mon conjoint. Je garde en mémoire juste le bonheur d’avoir eu mon fils.

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